Sans toi ( mon roman en cours d’écriture / Chapitre 4)

(Les liens des chapitres précédents sont dans la catégorie Roman, voir dans la barre latérale à droite).


Non, pas de baiser entre nous. Juste une nuit, ton bras autour de ma taille. Et moi qui n’ose pas bouger, qui ose à peine respirer. Moi qui passe toute la nuit à te regarder dormir, et qui ne veut pas perdre une seconde de ce spectacle.

We heart it @aidali_corona7
                                              We heart it @aidali_corona7

C’est la deuxième fois que nous nous voyons, « en vrai ». Ce matin, je me croyais encore furieuse contre toi. Parce que tu m’avais mentie, et que je m’en étais rendue compte. Je ne voulais plus jamais te voir. Et puis, cette amie si chère qui m’invitait à son anniversaire. Et qui t’invitait aussi. J’avais décidé de faire cet effort pour elle. Une soirée et basta. Tu sortais de ma vie et de ma tête. Je reprendrais ma vie, loin de toi.

Lorsque tu es arrivé pour aider aux préparatifs de la soirée, j’étais pleine de ces résolutions. Tu m’as regardée et en un instant je n’ai plus pensé à rien. Tes yeux ont toujours eu un effet incroyable sur mon cœur. Ces yeux noirs, si profonds, étaient le reflet de ton âme. Ton âme à la fois sombre et lumineuse. Quand j’y plongeais les miens, je ne pouvais plus revenir à la surface sans manquer d’air. J’aurai pu y passer ma vie, en ayant besoin de rien de plus.

Cette journée là, alors que je penchais du côté obscur et que je luttais de toutes mes forces contre les sentiments qui revenaient, mais ils ne devaient pas être bien loin, pour se repointer aussi rapidement, tu t’étais montré tellement adorable. Comme dans nos échanges virtuels. Je me souviens de tes sourires, de ta voix douce qui s’adressait à moi. Pour de vrai.

Lorsque j’ai pris conscience qu’il était trop tard, que j’avais craqué encore, que je craquerai toujours, la résignation me fit monter les larmes aux yeux. Tu étais à côté de moi, accoudé au balcon, et tu as remarqué mes yeux mouillés. Alors doucement, simplement, tu es resté. Et ta présence silencieuse a fendillé mon cœur un peu plus.

C’est ce soir là que tu as pris ma main, pour la première fois. Comme si c’était la chose la plus naturelle de la terre. Et ça l’était, j’en suis sûre.

Un peu plus tard, je me suis réveillée. Tout le monde était parti se coucher. Il ne restait plus que toi et moi, dans le noir, main dans la main sur ce canapé. Toi, tu t’es rendormi tout de suite, la fatigue et l’alcool ayant raison de tes dernières forces. Moi, je t’ai regardé, un sourire sur les lèvres et le cœur battant à tout rompre, m’empêchant de fermer les yeux une seule minute.

Le lendemain matin, tu t’es levé sans rien dire. Et puis tu es parti après un dernier baiser sur la joue. J’ai gardé ces quelques heures, et la chaleur de tes mains sur mon ventre. Cinq ans plus tard, je ressentais encore leur douceur, comme une brûlure.

Sans toi (Mon roman, chapitre 3)

( Les liens des premiers chapitres en bas de l’article!)


Chapitre 3

Le docteur m’a laissée sortir de l’hôpital. Il a dit à Assia, qu’il n’avait pas de raisons valables pour me garder. Alors on m’a aidée à emballer mes affaires, et précisé que si ça n’allait pas, ben je pouvais toujours aller voir quelqu’un. Même que celui-là, il n’était pas si mal. J’ai bien vu qu’ils ne me sentaient pas encore assez forte, mais qu’ils avaient besoin de mon lit. Comme les deux trois amis qui étaient venus me voir dans ma belle chambre un peu trop froide, ils pensaient peut-être à la bêtise que je pourrai faire, une fois livrée à moi-même et au monde.

Franchement, à ce moment là, ils étaient bien les seuls. Assommée de fatigue et de médicaments contre le vide, je n’étais pas en état de réfléchir à quoi que ce soit. C’était sûrement mieux ainsi. Je lisais dans les regards de tous, un peu de pitié et d’incompréhension. Bien sûr, c’est normal… Comment aurait-il pu se rendre compte de cet ouragan qui m’avait dévastée depuis ton départ ? Comment auraient-ils pu avoir une seule seconde une idée de tout ça ? Eux qui ne te connaissaient même pas …

Les premiers jours, je ne sortais pas. Si je m’étais vue, je me serai sûrement fait peur. J’avais l’âme en miettes mais les yeux étrangement secs. Ce chagrin infini avait asséché mon cœur. J’avais la sensation de ne plus rien ressentir, un vrai fantôme.

Et puis, au bout d’une semaine, je fus obligée de mettre le nez dehors. Pour la première fois depuis ton accident, j’allais devoir faire comme si je vivais encore. Dans le bus qui m’emmenait, complètement ailleurs, je ne les vis pas tout de suite. Et puis, je finis par les regarder. Une jolie jeune fille et un charmant garçon. Leurs doigts enlacés et leurs souffles mêlés dans un long baiser. J’allais sûrement passer pour une horrible voyeuse mais je ne pouvais pas m’empêcher de les fixer, alors qu’ils se croyaient seuls au monde.

We heart it @pao_pia_25_pp
We heart it @pao_pia_25_pp

Un baiser… Ce n’était rien du tout, ou presque. Juste la chaleur d’une langue qui en caressait une autre, deux respirations, deux cœurs qui battaient plus vite mais ensemble. Certains les donnaient à tour de bras, d’autres les gardaient comme de vraies preuves d’amour.

Je n’avais jamais goûté tes lèvres mais je savais, je sentais qu’elles étaient les plus douces de la terre. Juste senti tes bras autour de moi quelques fois, des souvenirs indestructibles… Ta main avait aussi tenu la mienne. Mais non, j’ignorais quel goût avait ta bouche. Et parfois, je m’endormais avec ces images qui me tournaient dans la tête et envahissaient mon cœur. Et c’était bien, tellement bien…. D’être pendant une seule minute le centre de ton univers, mon corps blotti contre le tien.

Tant qu’il y avait de la vie, il pouvait rester de l’espoir. Maintenant je savais que ce rêve ne se réaliserait jamais. Tu étais parti avant de me donner ce baiser. Et il me manquerait, presque aussi fort que toi.


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Sans toi (Chapitre 2)

Préface ici

Chapitre 1 ici


Petit flash-back. Nous sommes en 2003, il y a cinq ans. Et si je ne me souviens plus de ce que j’ai fait la semaine dernière, je ne peux que me rappeler chaque détail de cette soirée, celle de nos premiers mots.

We heart It @SkylinLo
We heart It @SkylinLo

A cette époque, je survivais dans une histoire qui agonisait. Celui qui partageait ma vie était un très bon figurant. Plus amoureux de son travail que de moi, il aurait pu gagner le prix du meilleur colocataire de l’année. Il était comme un fantôme, que je croisais de temps en temps, quand il rentrait à la maison. Il avait été mon premier amour, celui qui m’avait tout appris. En fait, nous avions appris ensemble, patiemment. Il m’avait sûrement aimée au début mais j’étais la seule à voir que l’usure du temps avait attaqué ses sentiments.

Je restais, le cœur vidé de passion, juste pour faire semblant. Mais je pleurais toutes les nuits et il ne voyait rien. J’avais oublié la force du mot « aimer ».

Et puis un soir…Ce soir là….

Joseph vient de se connecter…

 

Je me baladais une fois de plus sur ce chat de discussion, celui qui me permettait d’oublier ma solitude. Quelques amis virtuels, d’autres bien réels, et puis surtout des présences rassurantes.

Tu es entré dans le salon, tu as dis « salut » à tout le monde. C’était la première fois que tu venais, tu ne connaissais personne. Je pense que toi aussi tu devais t’ennuyer un peu. En tous cas, tu ne fus pas longtemps un étranger pour moi.

J’ai toujours cru au destin, si deux personnes sont faites l’une pour l’autre, quelque soit leur vie, elles se croiseront un jour. C’est ce qui nous est arrivé ce soir là. Nous avons commencé à parler de banalités, comme pour ne pas aller trop vite. Mais au bout de quelques minutes, rien n’a plus été banal. Mon cœur était déjà tout à toi, ce garçon que je n’avais jamais vu et que j’avais pourtant l’impression de connaître depuis toujours. Je pense que je t’ai aimé dès la première fois. Et que cette nuit là, il n’y pas eu de larmes, quand la lumière s’est éteinte.

Est-ce que tu te souviens ? Est-ce que tu sais que te rencontrer a été la plus belle chance de ma vie ? Que si tu n’avais pas croisé mon chemin à ce moment là, je ne serai peut être plus là pour le raconter ? Tu étais un ange, mon ange et tu m’avais sauvée. Sur ton épaule, j’avais oublié mon désespoir… Tu m’avais envoyé ta force, ton courage pour que je me batte. Grâce à toi, j’avais retrouvé le sourire et mon cœur vivait comme il n’avait jamais vécu..

Mais, à ce moment là, dans ces instants où nous venions de faire connaissance, je n’en avais sûrement pas encore conscience moi-même. Jour après jour, nous nous retrouvions sur la toile, et à longueur de journée, nous refaisions le monde. Je passais, à vrai dire, plus de temps avec toi qu’avec lui… tu sais, le fantôme. Parlant de tout, et même parfois de rien…. Juste pour le plaisir d’être ensemble. Mes semaines n’étaient rythmées que par ces retrouvailles virtuelles.

Très vite, tu m’as parlé de ta passion, la musique. C’était ta vie, déjà. Tu n’imaginais pas ton avenir autrement qu’en chanson. Et ta guitare dans les bras, et ta tête pleine de rêves….Des rêves d’enfant…

Sans toi (chapitre 1)

Préface ici

Cachée derrière un arbre, dans ce cimetière si grand, je sais que personne ne peut me voir. J’ai toujours aimé ces endroits, respirer ce calme et cette atmosphère si particulière. A chaque fois que j’ai avoué ce penchant pour les cimetières, on m’a traitée de cinglée ou juste regardée de travers. Peu, trop peu de gens ont compris ça, ont admis que je pouvais être tout à fait normale et me balader au milieu des tombes, lire les noms gravés et sourire. Rien de gothique dans mon attitude, très loin de là…. Non, juste un sentiment de quiétude qui me va bien.

we heart it Oria_Shafshak
we heart it Oria_Shafshak

Et pourtant, la religion et moi, ça fait au moins deux. Ceux qui ont essayé de me faire entrer ça dans la tête s’y sont tous cassés les dents. Trop d’intolérance alors qu’ils prônaient le respect de chacun. Trop de non-dits, d’hypocrisie….J’ai toujours voulu croire en quelque chose, me sentant trop fragile pour me porter toute seule. J’ai toujours espéré secrètement que les anges existaient, et les fées aussi.

Je les vois, tous, sans les reconnaître vraiment. Un peu de vent souffle et fait se soulever quelques feuilles mortes. C’est le début de l’automne, c’est le jour de ton anniversaire. Hier, j’aurai dû souffler mes bougies, hier nous aurions pu rire encore de cette coïncidence entre nos dates de naissance. Hier j’aurai sûrement reçu un petit message qui aurait compté plus que tous les autres ensemble.

Mes yeux sont collés au cercueil, comme hypnotisés. De là où je suis, je n’entends pas ce que le prêtre dit, et pour tout vous dire, je m’en fous. Je voudrais être ailleurs, je le suis déjà, je ferme les yeux. Je vais me réveiller et me rendre compte que je suis en plein cauchemar. Compter jusqu’à dix et les ouvrir. Je serai dans mon lit, le soleil brillera et j’aurai un message en attente sur mon téléphone… « Désolée pour hier, bon anniversaire, bisous…. ». C’est forcément une erreur, une fausse manipulation du monsieur là haut. Et ces gens qui pleurent devant ce grand trou, ce ne sont pas tes amis, pas ta famille, je me suis trompée…j’ai mal lu le faire-part, le facteur s’est trompé d’adresse, c’est sûr….

J’ouvre les yeux, tout est encore là. Les fleurs, les larmes, le vent…. Quelques personnes se sont éloignées, ne restent que les plus tristes. Et moi, derrière mon arbre, qui ne croit toujours pas à ce qui est en train de se passer…..Joseph…..

Le cercueil est déposé au fond, et voilà c’est fini….Je vais attendre encore un peu et puis me rapprocher, pour voir. Si je dois m’écrouler, je préfère le faire sans témoin, quand il n’y aura plus que les arbres pour me regarder pleurer. Pour me regarder mourir aussi. Car je ne me fais pas d’illusions sur la suite, si c’est vraiment toi dans cette boîte, si tu es vraiment parti, alors je ne pourrai pas vivre encore. Pas dans un monde où tu ne serais plus….

La fatigue me saisit d’un coup, comme si elle voulait rattraper toutes ces dernières nuits sans sommeil, ces nuits ravagées de larmes et de cris étouffés. Assise au milieu des feuilles, adossée à cet arbre qui ne me jugera pas, je me laisse envelopper comme dans un nuage et finit par m’endormir. Je ne sais pas combien de temps je reste là, mais lorsque je me réveille, il n’y a plus personne dans le cimetière. Le trou est recouvert de terre, la pierre est installée et les fleurs envahissent le marbre. S’il faut affronter la vérité, c’est maintenant.

Encore toute engourdie, je me lève et m’avance. Le vent souffle plus fort et emmêle les cheveux sur mon visage. Et puis j’arrive devant la tombe. Ta tombe. C’est la première chose que je vois, ton nom. Et puis en dessous, ta date de naissance, celle d’aujourd’hui. Celle que je n’oubliais jamais, quoiqu’il ait pu se passer. Ce jour était le tien, ce jour n’existera plus.

J’ai besoin de te toucher, de te sentir, j’ai envie de creuser ce trou, et d’ouvrir la boîte. Une dernière fois. Ce n’est pas possible. Je regarde autour, personne. Je bouge un peu les couronnes, m’assois et caresse le marbre. Un sanglot au fond de la gorge m’empêche de respirer. C’est pas grave, on me retrouvera là et je te rejoindrai. Pas grave si mon cœur lâche, au moins je serai tranquille. Tout se brouille devant moi, je pense à mes parents, aux gens qui m’aiment. Je pense à leur chagrin. J’ai lutté toute ma vie pour ne pas les décevoir, pour ne pas les blesser, jamais. Mais là, c’est plus fort que tout.

Le gardien m’a entendue crier, hurler, implorer le ciel de m’emmener aussi. Il s’est approché et m’a trouvée prostrée, les yeux gonflés. Complètement sous le choc. De sa voix douce, il a essayé de me guider loin de ta tombe, Jo, mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas te laisser là, tout seul. Nous nous étions promis de ne plus jamais nous séparer…Trop souffert de ces jours sans toi, trop pleuré déjà tes absences.

Je me suis réveillée dans un lit blanc, personne à mon chevet. J’ai rêvé alors, me suis-je dit, ce n’était qu’un mauvais, très mauvais cauchemar….

Sans toi (Roman en phase écriture….)

J’ai retrouvé dans un coin de mon ordinateur le début d’un roman commencé en 2008. Comme beaucoup de débuts de poèmes, de chansons, de textes divers….Que je n’ai jamais terminés parce que je suis passée ensuite à autre chose.

Je me suis dit que peut-être je pourrai le reprendre et le finir, et que le fait d’avoir des lecteurs et des avis, me motiverait certainement à le faire. Alors voilà. Pour vous resituer le contexte, c’est un récit autobiographique mais un peu romancé, d’une histoire qui m’a marquée, m’a faite comme je suis aujourd’hui. M’a fait changée de vie aussi (je vous en parlais déjà un peu ici).

Je vous propose aujourd’hui de découvrir la préface, qui pose un peu l’histoire et le pourquoi du comment j’ai écrit ces mots. Je me livre beaucoup d’un coup, et j’espère que ceux qui me connaissent dans la vraie vie ne seront pas choqués….Rassurez vous, tout n’est pas vrai à 100%, ou en tous cas certaines choses sont un peu poussées volontairement….

Bref, je vous laisse, j’ai le trac….

Si vous aimez et que vous souhaitez lire la suite, laissez moi un petit mot quelque part que je sache, et merci d’avance!

We heart it @Only_Maarty
We heart it @Only_Maarty

« Une nuit, je me suis réveillée avec le cœur qui battait d’une manière étrange. Il m’a fallu du temps pour retrouver mes esprits. C’est alors que je me suis souvenue de tout. Je venais de faire un cauchemar. A vrai dire, c’était bien pire que ça. Le genre de rêve qui semble tellement réel qu’il vous bouleverse. Et dans cet horrible rêve, tu étais mort.

Pendant quelques minutes, j’ai cru que c’était vrai. Je ne savais plus où était la réalité. Je ne sais plus à quel moment j’ai finalement compris que je pouvais respirer, et que tu allais bien. Mes larmes ont alors cessé de se déverser sur mes joues et j’ai tenté de me calmer.

Mais je suis restée dans cet état bizarre plusieurs jours. J’avais toujours la tête ailleurs, je revoyais sans cesse devant mes yeux ces images, celles de ton enterrement. Je les voyais tellement bien que je pouvais les décrire les yeux fermés.

Alors, pour exorciser tout ça, j’ai voulu écrire. C’est ce que je fais de mieux dans ces moments là.

Jo, ou toi qui te caches derrière ce pseudo trouvé dans le calendrier, voici notre histoire, dans toute sa pureté, dans sa vérité la plus belle. La seule différence, c’est que tu es toujours de ce monde, Dieu merci…. »