Le coiffeur

De tous les endroits qui existent sur la Terre et ailleurs, il en est un où personne n’ose dire « ça va pas », le salon de coiffure. Même les plus grands râleurs, ceux qui grinchent, qui sont jamais contents…Regardez moi, encore, ce matin. Me voilà partie, à la limite du gambadage, chez mon p’tit coiffeur. Dans la tête, l’image d’un mannequin avec la coupe de mes rêves. Ça fait des semaines que ça me tourne dans la tête, oui c’est comme ça que je veux être. Alors voilà j’arrive dans le salon, persuadée que dans quelques heures Jean Paul Gaultier me suppliera de défiler pour lui…Oui, mademoiselle, bonjour. Ce que je veux ? Euh… Evidemment, si j’avais pu imprimer la photo de ma tête, j’aurai eu un modèle à lui montrer. Bon, on va essayer de lui expliquer. Alors je voudrai ça comme ça, si c’est possible, et ça plutôt là, mais pas là, hein, attention, faut pas confondre…Enfin si ça ne vous dérange pas trop parce que si ça vous fait trop de travail…

@amy_melampy
We heart it @amy_melampy

Pas de problème elle me dit. Alors je lui fais confiance. Me voilà installée au bac à shampooing. « C’est pas trop chaud ? Ça va ». « Oui, ça va » je lui réponds. Même si j’avais les cheveux en train de fumer, je ferai comme si tout était sous contrôle. Elle a l’air gentille la dame qui va me poupougner la tête tout à l’heure, je vais pas lui faire de la peine en lui disant qu’elle vient de me brûler. Et puis j’ai survécu à pire que ça aussi. Bon allez un grand sourire et ça repart.

Et puis arrive le moment de la pose de la couleur. Ça tire un peu les cheveux. Un peu beaucoup même. Mais c’est pas de sa faute, à la demoiselle. Elle, elle tire pour bien appliquer la couleur, c’est pour que je sois toute jolie…. « Ça va toujours ? Je tire pas trop ? »…. « Du tout non »…elle fait bien son travail, je vais pas le lui reprocher….

Et puis il faut rincer. C’est en général le moment où il faut savoir dire non. « Je vous fais un soin ? ». Et c’est là que normalement on répond « Non merci ». Sauf que là je m’entends dire « Ah ben oui, pourquoi pas ? ». Parce que, mine de rien, on culpabilise un peu de ne pas être plus sympa avec nos cheveux. On leur fait couleur sur couleur, et jamais on les remercie, on les chouchoute un peu…Alors qu’on a tous les soins possibles à la maison mais qu’on a juste la flemme d’y penser une fois de temps en temps…. « Ça leur fera du bien » qu’elle me dit. Elle finit de me convaincre. Ok, ok. Je peux bien leur offrir ça, et puis peut-être qu’ils arrêteront de tomber et de boucher ma baignoire si je suis gentille avec eux….

Enfin, la coupe. Je m’installe devant la glace sur mon fauteuil qui tourne. Bon évidemment le reflet n’est pas super avantageux. Il est loin le mannequin. « Je vous les coupe jusqu’où ? ». Ben oui, mais là ils sont mouillés mes cheveux, comment je fais moi pour me rendre compte de ce que ça donne, une fois secs. ? « Euh, comme ça, oui, un peu plus long….Juste un peu plus court…ouais, voilà ». Pas très convaincue quoi. Elle commence à agiter ses ciseaux. Ça va vite, elle sait ce qu’elle fait dis donc. Mais je ressemble pas encore à un top model. Ça dure quelques minutes, et puis elle s’arrête et elle me demande « ça vous plaît ? ». Qu’est-ce que je dois lui répondre là ? Un « non » pourrait il la faire pleurer ou changer de métier ? En fait c’est pas si mal, mais je m’en rends pas encore vraiment compte là tout de suite. « Oui c’est bien ». Et le petit sourire qui va avec.

Elle se saisit du sèche cheveux, histoire de finaliser son œuvre. Le peu de cheveux qu’il me reste me vole dans les yeux, ça gratte, ça chatouille le nez, mais je ne bouge pas. Je ne veux pas la déconcentrer, elle a mon avenir entre ses mains. Alors je me regarde dans la glace. Finalement la longueur est bien. Et la couleur sympa. Le rugissement de l’appareil s’arrête. Elle prend le petit miroir pour me montrer ce que ça donne derrière. « C’est super ! » lui dis-je avec un grand sourire. Sincère cette fois. Bien sûr si je n’avais pas aimé, j’aurai dit la même chose. Parce qu’on a jamais envie de blesser son coiffeur, celui qui a passé tout ce temps à essayer de nous faire aller mieux….on dira toujours « ça va », en pensant « je vais aller faire rectifier ça demain »…Mais là ce n’est pas le cas. Oh bien sûr Gaultier ne me remarquera pas, mais après tout j’ai pas la mentalité ni l’envie de devenir anorexique….Je suis une fille normale et c’est bien mieux comme ça…..

Le Top du Jeudi : Mes 10 secrets inavouables

Hello!

Suite à mon message sur la page Facebook, dans lequel je vous demandais des thèmes pour mon prochain Top, Alexandra du blog Miuuzine m’a proposé de vous confier 10 secrets sur moi, un peu inavouables ou pas. Alors j’ai décidé de me lancer, merci Alex lol

@sandra_wahlen
we heart it @sandra_wahlen

1/ Je ne peux pas dormir si le lit n’est pas collé au mur, et bien sûr je me mets du côté du mur. Sinon j’ai peur de tomber pendant la nuit parce que je bouge pas mal.  C’est purement psychologique j’avoue.

2/ Toujours pour le dodo, je ne supporte pas être collée à quelqu’un, je veux être libre de mes mouvements. Heureusement mon mari n’aime pas ça non plus et on a un grand lit. Chacun de son côté et tout va bien. Si jamais pendant la nuit il me colle, je le pousse lol.

3/ Il m’arrive d’acheter des gâteaux que j’aime ou d’autres sucreries et de les planquer pour ne pas qu’on me les mange. Famille de gourmands. Tant que c’est pas une bouteille de vin, ça va hein.

4/ J’ai eu mon permis de conduire au bout de la 8ème fois. Oui je sais, c’est beaucoup. J’avais une peur panique de la conduite. J’ai dû en prendre des heures de leçon pour arriver à rester calme. Et dès que l’examen arrivait, j’étais en panique totale. Alors le jour où j’ai reçu mon papier rose, je peux vous dire que j’ai pleuré de bonheur.

5/ Lorsque j’étais ado, je tombais amoureuse toutes les 10 minutes. Dès que je croyais qu’un garçon me regardait différemment des autres, je m’emballais et mon cœur était à lui. Mes amis n’arrivaient pas à suivre. Bien heureusement, ces coups de foudre n’étaient jamais réciproques ou presque, sinon j’aurai une liste de conquêtes impressionnante.

6/ Je ne peux pas résister au fromage et au pain tout frais…. Je peux avoir toute la volonté du monde, dès que sens l’odeur du pain ou que je sais qu’il y a du fromage dans le frigo, je suis capable de faire un carnage. Du coup j’évite d’en acheter en période de régime (et je me fais engueuler par mon mari qui lui ne veut pas se mettre au régime)

7/ J’ai un attachement et même une fascination un peu bizarre pour les périodes de la Révolution française et de la seconde guerre mondiale. Pour être plus précise, pour Marie Antoinette, et tout ce qui s’est passé pendant l’Occupation pour les personnes qui ont été déportées. Je sais que je ne devrai pas le faire, surtout le soir, mais je ne peux m’empêcher de regarder des documentaires sur ce thème, et après j’en rêve pendant des jours. Je suis donc persuadée que, dans mes vies antérieures, j’ai vécu à ces époques, que je connaissais très bien Marie Antoinette et que je l’appréciais, et que j’ai été cachée des Allemands, ou même dans des camps…. Il faudrait que je creuse tout ça mais en même temps j’ai un peu peur de savoir.

8/ Lorsque j’étais au lycée, donc pour en revenir au petit 5/, j’étais amoureuse dingue d’un mec qui ne me connaissait même pas. Enfin, jusqu’à ce qu’avec une amie qui en était dingue aussi, on décide de lui laisser des petits poèmes dans son sac de cours… On attendait qu’il parte à la cantine et on les glissait dans le cartable qui était en salle de permanence. Et puis un soir il nous a chopés à la sortie et on en a pris pour notre grade devant tout le monde. Et ça m’a bien guérie d’un coup lol.

9/ Je ne rate aucun épisode des Mystères de l’Amour, la suite d’Hélène et les garçons. Même si je trouve les scénarios très souvent bidons, et que souvent je me dis que c’est un peu mal joué, surtout Hélène qui m’insupporte avec sa gnangnantitude exacerbée. Je m’énerve toute seule devant la télé quand y’en a un qui m’agace.  Pour le coup c’est vraiment un secret inavouable lol

10/ Je suis amoureuse de mon lit, si je pouvais y rester toute la journée je le ferai. Et tous les soirs avant de m’endormir, j’imagine une scène, une situation qui me fait rêver et je brode le scénario dans ma tête, en espérant que ça me fera rêver de ça, mais ça ne marche jamais…. En ce moment mon scénario c’est que j’écris des textes de chansons pour Vianney et qu’on s’entend très très bien…. voilà voilà, oups, désolée 😉

 

Voilà, merci encore Alex 😉 Je sais que tous ne sont pas de gros secrets, mais ce sont quand même des petites choses sur moi…..

Bisous!

 

 

C’était pas lui (vieux texte)

C’était pas lui. Ni lui. Ni lui. Toujours pas lui. Alors qui c’est? Est-ce qu’il existe réellement. Pourquoi c’est toujours ceux qui ont l’air d’y croire le plus qui sont en fait les plus gros imposteurs. S’il y avait une médaille de la plus naïve, je la remporterai haut la main tous les ans depuis une éternité. Bien sûr que je me pose des questions sur moi, bien sûr que je me dis à chaque fois que ça plante que c’est ma faute. Mais est-ce que je les oblige moi à m’arroser tous les jours de belles paroles et de rêves sucrés? C’est tellement facile, et puis tellement lâche de se dégonfler quand ça commence à devenir sérieux….

@marta_sozinho
We heart it @mart_sozinho

Je ne demande pas grand chose pourtant. C’est déjà trop. Qu’on ne me parle plus de bonheur, le bonheur j’en veux pas. Ah oui c’est sûr que pour un temps ça fait du bien, on se sent plus léger et puis on oublie la peine et les larmes. On se dit c’est beau la vie. C’est ça le bonheur. Tout le monde lui courre après. Moi désormais je le fuirais. Quand ça commencera à devenir un peu trop rose, un peu trop beau, j’arrêterai tout. Le bonheur on sait pas quand ça arrive, des fois ça te tombe dessus quand tu t’y attends pas. Et tu te dis,alors c’est vrai que la roue tourne. Le problème c’est que tu ne peux pas savoir non plus quand il s’en va. Parce que c’est certain qu’il va s’en aller. C’est mathématique, c’est écrit. Je suis désolée de vous dire ça, mais le bonheur ce n’est pas fiable.

Le pire c’est que les gens comme moi, on s’y attache vite. Et pourtant on sait comment il fonctionne, on le connaît par cœur ce salaud de bonheur. Il n’empêche qu’on replonge à tous les coups. Il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai plus de ton eau », parce qu’on a toujours suffisamment soif pour la boire encore et encore. Et les imposteurs,ils savent bien comment te donner soif. Ils ne te lâchent pas tant que tu n’es pas tombée. Ils ont les mots et les attitudes parfaites pour te faire du bien. En sachant déjà que c’est pour mieux te faire du mal ensuite. Ben oui, en plus les imposteurs ne sont pas bêtes. Ce sont des prédateurs intelligents.

Il est assis à côté de moi mon dernier prédateur en date. Il a déjà lâché la bombe qui m’a anéantie. Alors maintenant il ne me regarde plus. S’il me regardait, je verrai dans ses yeux comme il me méprise et quelle fille nulle je suis. Alors je préfère qu’il m’ignore. Je n’ai toujours pas réalisé que c’est fini entre nous. J’ai cru que ça ne finirait jamais. J’ai cru que ce bonheur là, il resterait. Encore raté. Il est assis donc et moi je le regarde sans qu’il me voie. Il ne sait pas que je le trouve beau, et que j’ai rien qu’envie de me blottir dans ses bras. Il me demande ce que je fais. J’écris sur toi bébé, sur ce que tu m’as fait sans te douter que je t’aimais déjà si fort. Non je ne lui dis pas ça. Je travaille. Voilà, je travaille c’est bien ça. Tu travaille sur quoi? Sur un truc…

Je ne sais pas pourquoi il reste. Il m’avait dit qu’il avait envie de passer du temps avec moi. Mais ça c’était avant. Quand je lui plaisais encore. Et pourtant il est encore là. Et je passe mes jours et mes nuits à côté d’un mec qui me plaît et dont je meurs d’envie, sans que je ne puisse rien faire pour apaiser cette faim de lui. C’est une torture. Surtout la nuit. Je voudrai lui dire de s’en aller. Mais je n’y arrive pas. Il a fait tellement de kilomètres pour me rejoindre que je n’ose pas lui dire « Rentre chez toi ».

J’avais parié sur un joli bonheur avec lui, dans ses mots je me retrouvais, dans sa vie je me voyais. Je me suis encore bien trompée. Le malaise grandit de jour en jour. Les silences se font de plus en plus longs. C’est suffocant et invivable. Les journées sont interminables et les nuits douloureuses. J’ai perdu le sourire et l’espoir. J’ai cru au début que je pourrai le faire revenir sur sa décision mais maintenant je sais que non. Et c’est pas grave parce qu’on est absolument pas faits l’un pour l’autre. N’empêche que ça fait mal quand même.

C’est fou ce qu’on s’habitue à des petites choses. Un texto le matin pour me dire bonjour, un le soir pour me souhaiter de doux rêves. Des heures de douceur au téléphone où on se fait des confidences et de belles promesses. Des traces qu’il va falloir effacer et oublier. Une routine qui était bien trop jolie pour durer. Le bonheur ça ne dure pas. En tous cas, pas avec moi. Non le bonheur est une arnaque, une grosse escroquerie. J’aimerai porter plainte contre lui et son frère l’amour. Celui là aussi m’en fait baver. Et si je devais gagner le procès, je vous jure que je reverserai tous mes dommages et intérêts à toutes les victimes d’imposteurs comme moi, mais qui elles n’ont pas eu le courage de se révolter contre ça. Et pourtant il y a de quoi….

C’était pas lui, non, c’est sûr. Ce n’est personne.

Un certain 11 septembre… (vieux texte)

Il y a de ces événements qui bouleversent le monde. En bien ou en mal. Des jours qui changent à tout jamais notre vision des choses, qui ne seront jamais des jours comme les autres. Si on demande à quelqu’un ce qu’il faisait ce jour là, au moment où c’est arrivé, il y aura 90 % de chance qu’il te réponde sans hésitation.

@carolouh
We heart it @Carolouh

Moi j’étais chez moi, dans mon petit appartement à l’abri du danger. Je revenais de la fac où je m’étais inscrite. Je me suis assise sur le canapé et j’ai allumé la télé. Un vieux réflexe, une présence dans la pièce. Mais sur mon écran à la place de ma série habituelle, des images de film d’horreur. Pourtant, pas un film de ce genre n’était prévu aujourd’hui. Je zappe et je vois que c’est le même film sur toutes les chaînes.

Le cerveau met parfois du temps pour s’habituer au terrible. Le mien n’a pas échappé à la règle. Pendant de longues minutes je n’ai pas réalisé, je n’ai pas compris qu’il s’agissait de la réalité, de la vie. Que ce n’était pas des acteurs qui pleuraient dans cette rue. Que ce n’était pas des corps en carton pâte qui se jetaient des fenêtres.

Et puis j’ai fini par intégrer l’idée. Et là ça a été pire. J’aurai voulu éteindre la télé et effacer ces images, mais je ne pouvais pas. J’étais hypnotisée de douleur face à l’écran qui me montrait la haine, la détresse, la mort. Des heures et des heures de larmes et de peur, de flashs spéciaux tellement spéciaux, de témoignages hallucinés. Et encore des jours, des mois, des années après, les mêmes vidéos, les mêmes souvenirs, qui me serrent le cœur jusqu’à l’âme à chaque fois.

On se souvient tous de ce jour là. De ce qu’on faisait, dans quel endroit on se trouvait. Comment on a appris la nouvelle, qui nous l’a dit. Et ce qu’on a ressenti. Il y a des événements qui changent la face du monde et qui te changent aussi, toi…

Cet endroit où j’aime aller / Blog Angels

J’aime la plage. Mais pas celle bondée en été. Pas celle où on ne peut pas marcher sans se prendre du sable balancé par des enfants mignons et joueurs (hum hum) ou par des adultes qui secouent leurs serviettes sans se préoccuper des gens qui passent à côté.

@Karsmyr
We heart it @Karsmyr

Non, j’aime la plage déserte ou presque. Et encore plus si c’est quand le soleil est en train de descendre à l’horizon.

Le bruit des vagues m’apaise, calme les battements de mon cœur. Je ne me lasse pas de la beauté de la mer. De son immensité.

Je pourrai marcher des heures, juste elle et moi, et laisser le flot de mes pensées m’envahir puis partir, et ne plus rien avoir à l’esprit que ce moment.

Puis m’asseoir sur le sable, et réfléchir au sens de la vie. J’ai besoin de ces endroits si calmes, si beaux, dans toute la simplicité de la nature, pour faire le point.

Lorsque j’habitais à Montpellier, j’y allais souvent. Quand je voulais. C’était 10 minutes en voiture, alors hop le soir, on prenait une couverture, parfois de quoi manger, et on y filait.

Je crois que c’est  une des choses qui me manque le plus maintenant que je n’y suis plus….


Cet article a été écrit en collaboration avec ma petite Blog Angel Jessica des Mots en vrac, vous pouvez retrouver sa participation sur son blog 😉

 

 

Christophe (vieux texte)

Je savais que ça arriverait, je le craignais. Je ne me souviens plus de son visage. C’est trop flou. Sa silhouette je m’en rappelle, ses traits ne sont maintenant plus très nets. Il s’appelait Christophe et c’était il y a plus de huit ans. Il était grand, brun, les cheveux bouclés, il portait des lunettes. Il était bon élève je crois, il aurait sûrement eu son Bac, peut-être même avec mention, on ne le saura jamais. Il riait tout le temps, il plaisantait, il déconnait. C’est ce qui me vient en premier quand je pense à lui, parce que c’était en telle opposition avec ce qu’il a fait.

Je ne le connaissais pas bien. C’était un ami de mon meilleur ami. On passait du temps avec lui, je m’étais habituée à sa présence. Il souriait, toujours le mot pour rire….mais je ne savais rien de lui, rien de sa vie, rien de ce qu’il avait dans la tête, et de ce qu’il gardait pour lui. Juste ce qu’il voulait bien nous montrer.

C’était en février, l’année de la première au lycée. Un jeudi je crois. La dernière fois que je l’ai vu. Un jour normal de classe. Je le croise à la fin des cours, c’est rapide, je lui trouve un drôle d’air, je lui crie « salut! », il ne se retourne pas, il ne me répond pas, je continue ma route. Je n’y pense plus deux secondes plus tard. Et pourtant ça me hante depuis…il ne m’a pas dit Au revoir. Je rentre chez moi, soirée banale….et pendant ce temps là…..

Pendant ce temps là il sautait d’un pont sur la voie ferrée. Il avait sûrement tout calculé, l’horaire du train, l’endroit d’où il allait sauter, la vitesse….peut-être que ses études scientifiques lui ont été utiles….. Ou alors était-ce un coup de tête, un pari qu’il s’est fait avec lui-même….. Tout ce que je sais c’est que Christophe est mort, on peut difficilement se rater dans ces circonstances.

@Chris_c9
We heart it @Chris_c9

Le lendemain j’arrive au lycée, je ne croise que des visages défaits, des yeux rougis. Je vois mon meilleur ami effondré et j’ai le cœur qui se serre. J’essaie d’aller vers lui mais on me retient. Je ne comprends pas. Je ne vois pas Christophe dans le groupe d’amis qu’il ne quittait pas, j’ai peur. J’ai entendu les mots « il est mort », mais déjà je n’écoutais plus. Je ne voulais pas savoir comment. Je pensais que ça ne pouvait pas être pire de toute façon…..je me trompais.

C’est ma meilleure amie qui m’a raconté, c’était avant le cours de maths, elle a parlé de suicide, de train, de membres arrachés….j’ai tout vu tourner devant moi, c’était pire. Il était mort et il l’avait décidé, il ne voulait pas être sauvé, il avait voulu mourir un soir de février, comme ça, tout seul…. J’ai pleuré, des tonnes de litres de larmes. J’avais mon meilleur ami devant moi, il était prostré, figé, il ne parlait plus, il ne vivait plus. Je ne savais pas quoi lui dire, je ne pouvais rien faire pour lui. Il a disparu plusieurs heures, et je me souviens de ces minutes où j’ai eu la peur de ma vie, peur qu’il fasse une bêtise….

Il fallait continuer à vivre pourtant, alors on a enchaîné les cours, les discutions. J’étais comme un fantôme. J’essayais de comprendre pourquoi il avait fait ça. C’est alors que j’ai appris qu’il était beaucoup plus malheureux qu’il ne voulait bien l’avouer, que sa vie était un enfer. Ça m’a aidé un peu. Mais je lui en voulais terriblement…. C’était la première fois que je voyais la mort d’aussi près.

Il a été enterré quelques jours plus tard. Je n’y suis pas allée, je n’ai pas voulu. Je savais qu’il était athée, et qu’il ne voulait pas d’enterrement. Mais ses parents n’ont pas respecté ça. L’église était près du lycée, et les cloches ont résonné après la messe. Je me souviens que j’ai fermé les yeux pour mieux les entendre et j’ai prié, pour la première fois de ma vie j’ai prié sincèrement, j’ai demandé qu’il devienne un ange et qu’il veille sur moi.

Un peu plus tard encore je suis allée le voir au cimetière. Rien n’était inscrit sur sa tombe, ça m’a fait de la peine. Et puis je me suis dit que ça lui plairait, que ça l’amuserait sûrement. Cette petite visite est devenu un rituel. Une fois par semaine au moins, je faisais le détour et j’allais lui parler. Je m’agenouillais et je lui racontais des histoires, ma p’ tite vie, des nouvelles de ses amis. Ça me faisait du bien de croire qu’il m’entendait. C’est depuis cette période que j’aime les cimetières, l’atmosphère qui y règne, ce silence reposant. Et même si ça me fait passer pour folle je m’en fous.

Il n’y a pas longtemps j’ai voulu y retourner, je n’ai pas retrouvé sa tombe, j’ai refait le cimetière dans tous les sens et il n’était plus là. C’est comme si je l’avais perdu une deuxième fois, je m’en suis voulue de ne pas y être allée depuis un moment, de l’avoir « abandonné », comme si ça lui faisait du bien à lui aussi que je vienne le voir. Aujourd’hui j’ai déménage à l’autre bout du pays, je ne sais pas où il est passé, alors je me dis qu’il est peut-être derrière un nuage et qu’il m’observe toujours. C’est étrange parce que quand je parle de lui je dis « mon ami », on était pas proches, mais c’est comme si on l’était devenus après sa mort. Même s’il n’a pas voulu me dire au revoir. Ou adieu.

#Backstage…. Je vous présente Benjamin

On continue dans la présentation de mes personnages…

@MajoJibaja

Aujourd’hui un jeune homme passionné et un peu sombre…. Et avec lui l’envie de rentrer dans l’univers des fans et de leur rapport avec les artistes qu’ils idolâtrent… (je pense que je connais un peu le sujet donc j’en profite….)


 

Benjamin

30 ans,

Musicien dans un groupe, guitariste

Premier amour de Célia. A dû mettre un terme à cette histoire à cause de la trop grande jalousie de la jeune fille.

Veut percer et qu’on reconnaisse enfin son talent. A tendance à noyer son chagrin dans les rencontres d’un soir, et surtout avec les groupies….Tant pis pour le cliché….

Grand, brun, yeux verts. Beau garçon.

Timide et se libère quand il est sur scène.

Passionné par la musique, il n’y a presque que ça qui compte

Écrit des textes, adore chanter mais n’ose pas se lancer. Se cache derrière sa guitare.

N’a plus vraiment de contacts avec ses parents qui n’acceptent pas son mode de vie. Fils unique. Une grand-mère qu’il adore et qu’il appelle de temps en temps.

Exigeant, parfois colérique, aime la liberté.

Très intelligent et sensible. Romantique

Vit dans un studio à deux pas de la plage.

Appelle parfois Célia pour prendre de ses nouvelles, encore attaché à elle, mais sent que ça les fait souffrir tous les deux de rester en contact.

Donne un nom à ses guitares.


Je suis en train de préparer une page Facebook dédiée à l’écriture du roman, je vous donnerai le lien très bientôt, j’espère que vous me ferez le plaisir de me suivre aussi là bas 😉

C’était aujourd’hui (vieux texte)

Il y a des jours où la vie semble plus douce. Des jours où on ne peut pas s’empêcher de sourire. Sans savoir pourquoi. Mais faut-il toujours forcément une raison au sourire? Ne pourrait-on pas, une fois de temps en temps, se sentir bien et le montrer, le dire, sans culpabiliser. Rire aux éclats dans la rue, juste parce qu’on en a trop envie et qu’il faut que ça sorte, sans craindre la camisole ou le regard de l’autre qui voudrait nous faire comprendre que ça ne se fait pas, point final. Oui, le rire c’est comme les larmes, il faut que ça sorte, sinon ça pèse.

@talcadookay
we heart it @talcadookay

Aujourd’hui, le ciel était bleu, l’air était doux et enivrant. Pas plus que les jours d’avant. Et pourtant…. Pourquoi ce jour était-il différent? Je n’en sais rien à vrai dire. Une intuition, un truc qui trotte dans la tête, il va se passer quelque chose, je le sens, je l’attends. Comme un enfant attend le matin de Noël depuis des mois. Je ne sais pas ce que sera mon cadeau, bonne ou mauvaise surprise. Mais je suis convaincue qu’avant ce soir je saurai. Et j’ai le coeur qui bat plus vite à cette idée, dans cette attente là.

J’ai des envies d’évasion, de balades et d’air frais. Un peu de mascara, un dernier regard au miroir, et satisfaite de mon image, me voilà dehors. Le vent fait voler mes cheveux, je marche d’un pas ferme et rien ne pourra m’arrêter. Une petite voix dans la tête qui me chuchote « C’est aujourd’hui ». Je l’entends, je souris de plus belle. Ce n’est pas une voix que je connais, mais je ne pense pas qu’elle me soit étrangère. Elle m’a déjà parlée, j’en suis sûre. Alors peut-être que je ne voulais pas l’entendre….
La musique dans les oreilles, je suis dans le bus. Il y a du monde, plus de places assises. Mais ce n’est pas grave, je resterai debout, je ne vais pas loin. Perdue dans mes pensées, je ne le vois pas monter. Je le remarque quand le chauffeur freine brutalement et qu’il se rattrape en me marchant sur le pied. Plutôt douloureux le premier contact! Je ne suis pas du genre à jouer les grincheuses et à m’en prendre à la personne quand ces choses là arrivent. Moi même je me retrouve projetée sur ma voisine, une gentille mamie qui me sourit lorsque je m’excuse. J’ai d’ailleurs déjà oublié mon pied. C’est à ce moment là que je l’entends. Son « pardon ».
Je tourne alors la tête. Il est assez grand, il a un visage d’ange. Je bafouille un « C’est rien ». J’ai chaud tout à coup, je dois être rouge comme une tomate. Mais la tomate entend toujours cette petite voix, « C’est aujourd’hui »….. Je tente un sourire, il me le rend. Et puis regarde ailleurs. Me voilà bouleversée comme une petite fille, pour un seul mot et un sourire. Mais c’est si bon.
Je n’arrive pas à détacher mes yeux de lui. Je détaille ses mains sur la barre. Fines, claires. Je remonte sur les bras…. Tout y passe, d’un coup d’œil discret, des cheveux jusqu’aux chaussures. Je me souviens alors que ce n’est pas la première fois que je vois ce garçon. Oui je l’avais déjà remarqué. Mais comment faire autrement? On le croirait dessiné par un très grand artiste, il est à couper le souffle de beauté, de grâce…Je connais son arrêt de bus. Peut-être une chance de le recroiser un jour…
Je souris bêtement mais je m’en fiche. Il est debout à côté de moi. J’ai arrêté de le regarder, je ferme les yeux et me laisse emporter par la musique et par cet instant. Et puis je finis par les ouvrir à nouveau, n’y tenant plus. Je ne veux pas perdre une seule seconde de ce spectacle que la vie m’offre. Mais là c’est lui qui me fixe. Je sens son regard sur moi, je compte jusqu’à trois et je le croise. Deux secondes. Juste assez pour me noyer. Ces yeux là vont me poursuivre, je le sais déjà. Ils sont d’une couleur incroyable, on dirait du caramel qui brille. En deux secondes, il est entré en moi, il m’a mise à l’envers. En deux secondes avec ses yeux il m’a fait l’amour. Il baisse la tête et moi je reprends mon souffle.
Et puis il s’en va. Un dernier frôlement. Il referme la parenthèse de ce moment là et reprend sa vie. Au moment où il descend de ce bus, il m’a sûrement déjà oubliée. Je le vois s’éloigner dans la rue et j’ai envie de crier. La vieille dame me sourit encore, je crois qu’elle a compris. Elle doit trouver ça mignon. Quelqu’un m’a dit un jour que je pourrai rencontrer l’homme de ma vie au supermarché, nos deux caddies se percutant. Et dans un bus c’est possible? C’est ce que je me suis dit cet après midi, en retrouvant cet ange craquant qui aura au moins touché mon pied droit.

Vais-je le revoir? Et même si je le recroisais un jour dans ce bus…. Oserai-je aller plus loin qu’un sourire timide et maladroit? Me regardera-t-il cette fois encore? Dieu seul le sait. La petite fille sait maintenant quel était le cadeau qui l’attendait au pied du sapin. C’était exactement ce qu’elle avait commandé. Juste deux secondes qui lui ont parues deux heures belles et intenses. Deux secondes où elle s’est sentie jolie et désirée. Tout à fait ce dont elle avait besoin. La petite voix avait raison. C’était aujourd’hui…

(Edit des années après, je ne l’ai jamais recroisé, et je l’avais même oublié jusqu’à ce que je retrouve ce texte hier soir….)

Je vous présente…. Célia…#New Roman

Hello….

#Backstage

Puisque j’ai décidé de partager avec vous l’avancée de l’écriture de ce roman que je rêve d’écrire depuis très longtemps, voici aujourd’hui la présentation d’un des personnages clés, Célia.

@MajoJibaja
We heart it @MajoJibaja

Pour préparer l’écriture, je rédige une fiche pour chacun d’entre eux, je réfléchis à leur passé, je définis leur caractère, leur physique, leur histoire. Tout ce qui s’est passé pour eux avant la première page. Leurs liens aussi. Donc voici la première fiche 😉

Dites moi en commentaires si ça vous intéresse que je vous poste les suivantes dans d’autres articles!

Je vous laisse avec cette petite Célia….


 

Célia

25 ans

Jeune institutrice

Fraîchement séparée de son premier et grand amour. Souvenirs douloureux et impossibles encore à oublier

Solitaire et mélancolique

Vit loin de sa famille dans une ville qu’elle connaît encore si peu

Blonde, yeux noisette, cheveux mi longs, corpulence normale, assez petite. Complexée par son physique qu’elle juge « ordinaire », ne s’aime pas

Pas confiance en elle. Jalouse de toutes les filles qui approchaient Benjamin, ce qui a causé la rupture au bout de six ans

Bordélique, voit tout en noir, capricieuse

Profondément gentille et à l’écoute

Très loyale en amitié. Une meilleure amie d’enfance qui habite loin, Sonia. Se racontent tout. Quelques autres amies qu’elle aime beaucoup

Parents présents et aimants, un frère aîné Florent, 28 ans. Photographe. Très proches mais ne se voient pas beaucoup

Enfance et adolescence plutôt heureuses, études réussies. A rencontré Benjamin à 19 ans chez des amis communs. Coup de foudre. Il l’a suivie quand elle a voulu aller vivre dans le sud. Mais le quotidien était difficile, rythmes de vie différents, beaucoup d’incompréhensions

Un chat Harry, comme le prince

Vit toujours dans l’appartement qu’elle partageait avec Benjamin en centre ville. Aimerait en partir car difficile, mais n’y arrive pas

Instit en CP, aime son métier, heureuse d’apprendre aux enfants. Ça lui apporte beaucoup, et ça l’aide. Mais le soir quand elle rentre, elle retombe dans la tristesse


 

 

Ces petites amitiés (vieux texte)

Ça ne vous fait pas de peine à vous ces petites amitiés, qu’on croit qu’elles vont durer, forcément, et qui finissent généralement par s’écrouler en plein vol ? Ceux qui te disent « on se reverra, promis ? Hein ? On s’appelle ? », qui te le font limite jurer sur la Bible…. et dont on entend plus parler juste après… Les grandes effusions, les au-revoirs pleurnichards, quand on se dit entre deux larmes, « on se revoit bientôt, tu vas me manquer »…et puis plus rien. Pas un coup de fil, pas un mail. D’un coup on existe plus pour eux. C’est à se demander si on a déjà existé, ou si tout ça c’était juste une comédie pour faire plaisir.

@ximena234
we heart it @ximena234

Ceux qu’on appelle « des rencontres », parce qu’elles sont spéciales. Celui-là qui nous ressemblait tellement qu’on avait envie qu’il pense la même chose, qu’on s’était promis qu’on garderait le contact, et qui ne répond même plus à nos messages…. ça c’est bien le pire. Ces messages là, on les regrette, on aimerait ne les avoir jamais envoyés…. au moins on aurait pu garder un peu d’espoir…se dire qu’il est peut-être occupé mais qu’il pense à nous quand même…. mais là c’est moins sûr du coup…et c’est triste, vraiment triste, de se dire que tout ça c’était juste les mots du moment, et qu’il nous a rayée de sa vie aussi….

Et puis les amitiés d’enfance, de la maternelle au lycée… les « amis pour la vie », à la vie à la mort, rien du tout…. on se recroise parfois au détour d’un métro, « tiens salut qu’est ce que tu deviens » alors qu’on s’en fiche complètement et qu’on l’a déjà oublié quand le métro s’en va …. parce que la vie tourne et les pages aussi, et qu’on est plus les mêmes alors on a plus les mêmes amis…. on se revoit sur les photos de classe, parfois on regrette de s’être perdus, parfois non. Et puis un jour, sur une photo de journal, on la revoit cette super copine, toutes les « meilleures amies » qu’on a eu sans savoir ce que ça voulait dire « meilleure », on la voit dans une belle robe à côté d’un grand dadais qui sourit, un gentil garçon qu’elle appellera « mon mari »…. et on se dira que c’est bien fini l’enfance et tout ce qui va avec…

Alors ça ne vous fait pas de peine à vous, tout ça ? Je suis sûre que si. Mais comme la plupart des gens, comme la société actuelle, vous faites comme si vous vous en fichiez… «Oh c’est pas grave, c’est la vie qui est comme ça »…. Mouais. Si je dois être la seule à l’avouer je le ferai sans rougir. A moi ça me fait de la peine, vraiment…..