Les larmes

J’ai la larme évidente. Plus que facile. J’ai un taux vraiment très supérieur à la moyenne. C’est ce que je dis quand je dois me justifier…En général ça fait sourire et ça passe. En tous cas jusqu’à la prochaine crise, en général le jour même, au mieux deux jours plus tard. Avec le recul je me rends compte qu’ils sont rares les jours où je n’ai pas les yeux mouillés au moins une fois. Et que ça ne doit pas être normal, quand même…Parce que les gens autour de moi ils ne me montrent pas leurs larmes, eux. Et s’ils sont tristes eux aussi de temps en temps, comment font-ils pour retenir cette eau de presser leurs paupières et de se déverser sur leurs joues ? Ils ont un secret c’est certain, et j’aimerais bien le connaître.

@angifix
we heart it @angiflx

Parce qu’on a beau dire que c’est bien de pleurer et de tout lâcher….Ouais, peut-être. N’empêche que ça pique les yeux et que ça fait de grosses poches gonflées le lendemain quand on se regarde dans le miroir au réveil. Une raison en plus de pleurer… Et puis, en général, on se sent plutôt bête après…Bête de s’être mis dans ces états là pour finalement pas grand-chose. Ben oui, quand on pleure tous les jours, forcément, ça n’est pas pour des trucs super graves, et heureusement d’ailleurs…Il suffit que ça sorte d’un millimètre de notre monde magique et idéal pour que ça nous mette à terre.

Alors première étape. Un mot, une façon de le prononcer, ou de ne pas le dire. Un geste fait différemment. Ou juste une pensée qui arrive on ne sait d’où, un souvenir qui n’avait finalement pas à revenir. En tous cas pas à ce moment là. Soit ça tourne un certain temps, ou ça sort tout de suite. Dans les deux cas ça se passe de la même manière.

C’est un peu comme si on plaçait un bout de tissu sur un robinet. Le mot de travers et le robinet s’ouvre. Au début le tissu retient l’eau. Ça tient mais pas longtemps. Au bout de quelques minutes -ou secondes pour les gens comme moi- le liquide se verse sur le côté et puis finalement le tissu ne sert plus à rien, il vaut mieux l’enlever. De toute façon c’est trop tard.

En ce qui me concerne, le tissu n’est qu’un morceau d’essuie-tout qui prend l’eau directement. Je ne mettrai rien sur le robinet ça serait la même chose. Il faudrait que je trouve un chiffon un peu plus étanche, histoire de tenir quelques minutes de plus. Et aussi que je change le joint pour que le robinet se ferme quand j’ai envie qu’il le fasse.

Bref, toutes ces métaphores pour tenter de vous expliquer comment ça fonctionne. Je n’ai pas les termes médicaux qu’il faudrait pour le faire sérieusement et précisément. En très gros, je peux dire que ça commence dans la tête, et qu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on a le fond des yeux humides. C’est là qu’on se cache quand on est pas seuls. On essaie de penser à autre chose, peut-être que l’eau va sécher toute seule dans les yeux et qu’on évitera qu’elle coule. Parce que c’est là que ça se voit et qu’on se sent bête… En général ça ne marche pas aussi facilement. Et même si on essaie de rester discrets au début, il suffit que quelqu’un le remarque et te dise « pourquoi tu pleures ? » ou « ça va pas ? » pour que le robinet s’emballe et n’en fasse qu’à sa tête.

Il serait peut-être temps que je m’occupe de ces problèmes de plomberie. Encore faudrait-il que je sache d’où ils viennent. J’ai tout pour être heureuse, dans le présent. Ça n’a pas toujours été le cas, certes. Mais combien de temps encore avant que ce passé ne cesse de pourrir mon bonheur…Parce que le jour où j’aurai vraiment tout gâché à cause de ça, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer…

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4 réflexions sur “Les larmes

  1. Coucou,

    Je suis comme toi, j’ai la larme (le rire aussi d’ailleurs) très facile. Par exemple, aux pots de départ des collègues (même ceux dont je ne suis pas très proche), j’ai énormément de mal à me retenir de pleurer quand ils font un discours. Alors qu’autour de moi les gens sont capables de dire « c’était très émouvant » sans même avoir envie de pleurer ! Cela me fait pareil dans plein d’autres circonstances, la fatigue joue beaucoup mais je suis de nature très émotive. Et souvent c’est gênant, car ce ne sont pas trois larmes discrètes mais des torrents que je me retiens (ou pas…) de verser. Je ne compte plus le nombre de fois où, rentrée chez moi après le travail, je m’allonge sur mon lit et je pleure…sans pour autant qu’il ne se soit passé quelque chose de vraiment grave.
    Je me console en me disant que je suis une personne sensible et que c’est une belle qualité ! Je pense que les gens ultrasensibles perçoivent trop de choses pour gérer les émotions sereinement. Je sais en tout cas que je suis très sensible aux ambiances, aux regards, aux non-dits, qu’un flot d’émotions et de pensées s’entrechoquent dans ma tête et que c’est épuisant. Quoi qu’il en soit, écrire comme tu le fais me semble être une belle thérapie ! Et c’est très agréable de te lire en plus !

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    1. merci julie c’est très gentil et merci aussi de ton témoignage! Eh oiui c’est difficile d’être trop sensible, surtout dans ce monde dans lequel nous vivons…. bisous!

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