Sans toi (Mon roman, chapitre 3)

( Les liens des premiers chapitres en bas de l’article!)


Chapitre 3

Le docteur m’a laissée sortir de l’hôpital. Il a dit à Assia, qu’il n’avait pas de raisons valables pour me garder. Alors on m’a aidée à emballer mes affaires, et précisé que si ça n’allait pas, ben je pouvais toujours aller voir quelqu’un. Même que celui-là, il n’était pas si mal. J’ai bien vu qu’ils ne me sentaient pas encore assez forte, mais qu’ils avaient besoin de mon lit. Comme les deux trois amis qui étaient venus me voir dans ma belle chambre un peu trop froide, ils pensaient peut-être à la bêtise que je pourrai faire, une fois livrée à moi-même et au monde.

Franchement, à ce moment là, ils étaient bien les seuls. Assommée de fatigue et de médicaments contre le vide, je n’étais pas en état de réfléchir à quoi que ce soit. C’était sûrement mieux ainsi. Je lisais dans les regards de tous, un peu de pitié et d’incompréhension. Bien sûr, c’est normal… Comment aurait-il pu se rendre compte de cet ouragan qui m’avait dévastée depuis ton départ ? Comment auraient-ils pu avoir une seule seconde une idée de tout ça ? Eux qui ne te connaissaient même pas …

Les premiers jours, je ne sortais pas. Si je m’étais vue, je me serai sûrement fait peur. J’avais l’âme en miettes mais les yeux étrangement secs. Ce chagrin infini avait asséché mon cœur. J’avais la sensation de ne plus rien ressentir, un vrai fantôme.

Et puis, au bout d’une semaine, je fus obligée de mettre le nez dehors. Pour la première fois depuis ton accident, j’allais devoir faire comme si je vivais encore. Dans le bus qui m’emmenait, complètement ailleurs, je ne les vis pas tout de suite. Et puis, je finis par les regarder. Une jolie jeune fille et un charmant garçon. Leurs doigts enlacés et leurs souffles mêlés dans un long baiser. J’allais sûrement passer pour une horrible voyeuse mais je ne pouvais pas m’empêcher de les fixer, alors qu’ils se croyaient seuls au monde.

We heart it @pao_pia_25_pp
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Un baiser… Ce n’était rien du tout, ou presque. Juste la chaleur d’une langue qui en caressait une autre, deux respirations, deux cœurs qui battaient plus vite mais ensemble. Certains les donnaient à tour de bras, d’autres les gardaient comme de vraies preuves d’amour.

Je n’avais jamais goûté tes lèvres mais je savais, je sentais qu’elles étaient les plus douces de la terre. Juste senti tes bras autour de moi quelques fois, des souvenirs indestructibles… Ta main avait aussi tenu la mienne. Mais non, j’ignorais quel goût avait ta bouche. Et parfois, je m’endormais avec ces images qui me tournaient dans la tête et envahissaient mon cœur. Et c’était bien, tellement bien…. D’être pendant une seule minute le centre de ton univers, mon corps blotti contre le tien.

Tant qu’il y avait de la vie, il pouvait rester de l’espoir. Maintenant je savais que ce rêve ne se réaliserait jamais. Tu étais parti avant de me donner ce baiser. Et il me manquerait, presque aussi fort que toi.


Préface ici

Chapitre 1 ici

Chapitre 2 ici

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