Dans un couple (vieux texte)

J’ai retrouvé ce vieux texte dans un coin de mon ordinateur avec d’autres que j’avais écrits il y a plusieurs années. Alors je me suis dit que ce serait dommage de les laisser dormir sur mon disque dur et que ce serait pas mal de les partager avec vous.

Je précise juste ça car depuis ce texte, j’ai une vision plus optimiste de l’amour, forcément 😉

We heart it
We heart it

Dans un couple, y’en a toujours un qui aime plus que l’autre. C’est ce qu’on dit et c’est ce que j’ai toujours vérifié. Toujours un des deux qui donne et l’autre qui reçoit. Mais c’est pas grave puisque le premier adore donner, ça le dérange pas, c’est comme ça qu’il est heureux. C’est comme ça qu’il aime. Et l’autre il donne aussi, à sa manière. Il offre sa présence, son temps et une manière de recevoir qui n’appartient qu’à lui, et qui donnerait presque l’impression que l’échange est équitable. En tous cas, ça marche ainsi un certain temps.

Dans l’euphorie des débuts, quand c’est tout rose, quand c’est parfait et qu’on se dit que ça ne pourrait l’être plus, on ne perçoit pas les différences. On se dit qu’on s’aime, et franchement que demande le peuple ? Il est tellement difficile de nos jours de rencontrer quelqu’un avec lequel on se sent bien. Ok, je l’appelle plus souvent. Et alors ? Peut-être qu’il n’aime pas le téléphone. Le principal c’est qu’il décroche non ? On ne va pas commencer à chipoter pour des petits détails comme ça, sinon on s’en sortira jamais. Et puis de toute façon, mêlez vous de vos affaires. Je sais ce que je fais. Mouais.

L’amour ça rend aveugle. Ça non plus, c’est pas moi qui l’aie inventé. Ça fait partie des p’tites phrases qu’on se répète parfois pour se consoler d’une rupture ou d’une désillusion. Ça rend bête aussi d’ailleurs, mais ça c’est un autre débat. L’amour fait perdre la vue. Pas au sens propre, rassurez vous. On ne voit jamais les défauts de l’autre, au début. Et même si on les voit, on les trouve mignons. Oui, il laisse traîner ses affaires partout. Mais il y a des choses plus graves dans la vie vous croyez pas ? On se sent même indispensable puisqu’on est là pour les ramasser. Enfin bref, complètement aveuglé par les sentiments et ses belles paroles, on lui cède sur tout. Et quand on est le seul à voir toutes ses qualités, on se conforte en se disant que ce sont les autres qui comprennent rien.

Qui n’a jamais fait n’importe quoi sous prétexte qu’il était amoureux lève la main. C’est bien ce que je pensais. On est prêt à tout ou presque. On perd la tête ou le sommeil, parfois les deux. On peut se perdre aussi soi même. Et quand on tombe sur un spécialiste, on peut basculer dans la folie furieuse. On se fâche avec les gens qu’on aime parce qu’il ne les aime pas. On écrit des conneries romantiques en rime. On aime les mêmes choses, et si on aime pas on fait semblant pour pas le peiner.

Et là où la différence repointe son nez, c’est que lui ne prend pas cette peine. Et qu’il ne se gêne pas, sous prétexte de franchise, pour dire ce qu’il pense de telle ou telle personne, de ce qui vous tient à cœur. Il en a le droit bien sûr, il ne va pas se forcer à aimer. Ça ne se contrôle pas. Et à chaque fois on se dit qu’au prochain film d’horreur où il nous emmène, on ne fera plus semblant. On se le dit oui, mais pour le faire c’est autre chose.

C’est quand même drôle comme l’amour peut être vécu différemment selon les personnes et les caractères. Ceux qui le vivent avec détachement, presque avec indifférence. Qui passent d’une histoire à l’autre avec sincérité mais sans douleur atroce. Qui se relèvent sans difficulté. Vraiment admirables. Face à eux, y’a ceux qui donnent tout. Qui ne vivent que pour ça. Ils n’ont bien sûr rien contre le fait de recevoir, un peu, de temps en temps. Mais du moment qu’on leur laisse donner, c’est tout ce qu’ils demandent. Ceux là s’effondrent quand leur amour s’en va. Ceux là croient que la mort est la seule issue et qu’ils ne s’en remettront jamais. J’ignore pourquoi j’ai toujours fait partie de ces fous. Il faut vivre avec. Ceux qui n’aiment pas le tiède, le moyen. Les extrémistes de l’amour. Qui aiment quand ça brûle et quand ça fait mal. Je préfère mille fois souffrir en aimant trop que d’aimer à moitié.

J’ai été déçue souvent. Je me suis trompée. Des cicatrices au cœur, des plaies qui se refermeront avec le temps. J’ai eu mal, mais j’aimerai encore. Parce que je ne peux pas faire autrement. Je serai encore folle, perdue et bouillante. J’écrirai encore des bêtises que je penserai. Et je tomberai toujours. Je me dirai « c’est la dernière fois que je me fais avoir », jusqu’au prochain sourire qui me fera y croire à nouveau. Il va falloir que je me fasse une raison, je suis comme ça.

Dans un couple, y’en a toujours un qui aime plus que l’autre. J’aimerai juste une fois être l’autre pour voir ce que ça fait. Pour garder la tête froide et loin des nuages. Ne pas m’enflammer. Etre celle qu’on aime éperdument, celle qui reçoit. Qu’on m’offre des rimes et qu’on ne me demande rien en échange. Oui, juste une fois….

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