Tout quitter

Lorsque j’étais enfant, je n’étais pas du genre aventurière. Non, trèsssss loin de là. Toujours prudente à l’excès, des fois que je me blesserai, et tout me faisait peur. Sûrement à cause de ma fâcheuse manie de me faire mal très souvent. C’est pas pour rien qu’on m’appelait Miss Catastrophe. Et que les instits avaient peur de m’emmener en sortie scolaire. Une fois, à 7 ans, j’ai même failli y passer pour une mauvaise chute d’une hauteur d’au moins 5 cms….C’est pour vous dire, une plaie sur pattes.

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Du coup, je restais sur mes gardes pour tout. Le risque, je ne connaissais pas. J’avançais comme sur des œufs pour tout ce qui pouvait me faire du mal, physiquement ou moralement. Bien sûr, j’ai eu des coups de folie, surtout en amour, parce que je tombais tout le temps amoureuse (mais je pense que je vous reparlerai de ça dans un autre article, ça mérite bien de s’y attarder, c’était tellement maladif, bref). et que je me lançais dans des déclarations qui n’aboutissaient jamais, alors que je savais à l’avance que le râteau allait me tomber dessus. Et se prendre un râteau sur la tête en public, ça, ça fait bobo.

Mais à part ça, j’étais bien sage, dans les rails que je m’étais fixée. Je vivais pas loin de ma famille, avec mon amoureux de l’époque, je suivais le chemin que j’avais dessiné, tranquillement, sans embardées

Mais un jour, le feu qui couvait en moi, a fini par tout faire sauter Vous voyez l’image? Eh bien ça résume assez bien Un jour donc, j’ai pris le prétexte d’un cœur qui battait un peu trop fort pour un garçon qui habitait à 1000 kms de là (enfin, c’était plus qu’un prétexte), et j’ai tout plaqué. Quitté l’amoureux plus très amoureux, le chez-nous, la famille, les paysages que j’avais observés pendant toute mon enfance et mon adolescence, et que je ne voyais plus vraiment à force. Avec ma grosse valise et mon courage, j’ai pris le train, et j’ai traversé la France. Remplie de peur, de tristesse évidemment, mais aussi d’espoir. Je n’avais ni travail, ni endroit pour vivre. Grâce à une amie qui m’a hébergée quelque temps, j’ai pu poser sereinement les jalons de ma nouvelle vie. Cette vie pleine d’inconnu, pleine de solitude aussi parfois, souvent.

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Le garçon qui faisait battre le sang dans mes veines n’était pas au rendez-vous, je me suis désespérée puis fait de nouveaux amis, que j’ai fini par perdre aussi. Il y a eu des soirs difficiles où la bouteille de rhum était ma seule copine, mais ils n’ont pas été nombreux. Je me suis vite reprise, parce que je suis comme ça, malgré les moments noirs, je finis toujours par voir de la lumière.

Et puis, les années ont passé. J’ai fait des rencontres, des bonnes, des plus toxiques. Je suis restée dans ce Sud que j’ai appris à aimer, même s’il est tellement différent de ce que je connaissais avant. Ma famille me manque beaucoup, je pense à mes parents, à ma sœur et mon frère, à mes grands parents et aux autres très souvent. Mes amis du Nord occupent aussi mon esprit et mon cœur continuellement. Et quand je remonte tous les voir pour quelques jours de vacances, je m’imprègne de chaque moment intensément, Et j’ai toujours la boule au ventre et les larmes aux yeux lorsque je m’en vais.

Partir a été probablement ce que j’avais à faire de mieux, pour ne rien regretter, pour aller de l’avant et voir autre chose. C’est sûrement l’acte le plus insensé, le plus fou, et le plus courageux que j’avais réalisé à l’époque, et peut-être même encore aujourd’hui. Je pense que beaucoup n’ont pas compris à ce moment là ce qu’il m’était passée par la tête. L’amour, ça fait faire n’importe quoi, c’est bien connu. Mais il n’y avait pas que ça. Je suis très fière, encore aujourd’hui, d’avoir décidé de ce changement de cap. Et puis, je n’aurai jamais rencontré mon Prince là haut….

Maintenant, ma vie est là où est la famille que j’ai construite. Mon mari, nos enfants, les siens. Nous vivons dans un joli village, niché en pleine nature, calme et paisible, et je suis heureuse de respirer cet air si reposant. Mais dans mon cœur, et mon âme, il y aura toujours cette petite fille qui jouait dans les champs près des terrils du Pas de Calais, qui se baignait chaque été dans l’eau froide des plages de Dunkerque et qui a connu une enfance merveilleuse et pleine d’amour. Elle a un peu vieilli, mais n’a rien oublié….

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6 réflexions sur “Tout quitter

  1. Beau témoignage. J’ai fait un peu le même saut….enfin, c’est un peu différent. J’ai carrément quitté mon pays pour ma part et c’était pas pour un homme mais pour changer mon avenir professionnel. Au fond, je suis quelqu’un qui a besoin de filet de sécurité, je ne saute pas dans le vide mais cette fois-là, je suis partie sans savoir ce qui m’attendait…je ne regrette jamais cette décision…enfin, il m’arrive d’être nostalgique mais sans plus…

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